Sara Panata

Contact : sarapanata@gmail.com

Je suis  chercheure postdoctorale, sur un projet intitulé  « Devenir(s) féministes. Une socio-histoire de trois générations militantes du Nigéria global (1940-2020) », financé d’abord par une bourse postdoctorale ATLAS 2020 (FMSH/ IFRA Nigéria) et ensuite par le Prix « Jeunes Chercheur.e.s » de la Fondation des Treilles (lauréate 2021). Dans ce cadre je suis chercheure affiliée au Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS – UMR 8058) de l’Université Paris 1 (associée à titre principale) et à l’IFRA Nigeria (UMIFRE 24 – associée à titre secondaire). Je suis, par ailleurs, jeune docteure associée à l’Institut des mondes africains (IMAF – UMR 8171).

Les champs de recherche investis recoupent :

  • Histoire contemporaine de l’Afrique de l’Ouest
  • Etudes de genre
  • Histoire sociale et culturelle
  • Histoire transnationale et connectée
  • Sociologie des mobilisations politiques et sociales

Recherche doctorale

Thèse intitulée : « Le Nigéria en mouvement(s) : la place des mouvements féminins et féministes dans les luttes sociopolitiques nationales (1940-1990) », thèse d’histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IMAF/IFRA Nigéria)

Cette thèse a été préparée sous la direction de Mme Anne Hugon et soutenue le 11 septembre 2020. Ella a reçu la mention spéciale du jury, section Humanité, pour le Prix de thèse PSL SHS 2021.

Résumé

Le Nigéria en mouvement(s) revient sur le parcours de onze mouvements féminins et féministes nigérians au fil d’un demi-siècle d’action sociopolitique, et tend ainsi un autre miroir à l’histoire sociopolitique du pays habituellement écrite au masculin. Cette étude commence en 1944, alors que le pays est une colonie britannique, avec l’avènement d’une forme organisationnelle particulière : les mouvements de femmes nationaux et autonomes vis-à-vis des institutions et d’autres acteurs politiques. Variés et représentant une gamme très large d’orientations intellectuelles (anticoloniale, différentialiste, marxiste, islamique), ces onze mouvements se rapprochent en ce qu’ils se mobilisent « au nom des femmes (les femmes, comme catégorie distincte du monde social, constituent le référent de la lutte) et pour les femmes (l’objectif est d’améliorer leur “condition”) » (Bereni 2012 : 35). À cela s’ajoute leur volonté commune de parler pour toutes les Nigérianes.

Au travers d’archives privées de militantes largement inexplorées, de documents coloniaux, d’une cinquantaine d’entretiens, de documents audiovisuels (chants militants, photographies, tableaux, affiches, timbres), cette thèse propose un voyage inédit entre histoires de vies militantes largement inconnues, causes mobilisatrices originales, modes d’action féministes pluriels et débats intellectuels aiguisés entre ces mouvements et des acteurs multiples qu’ils soient étatiques ou militants, nigérians ou internationaux. Le questionnement au fondement de cette recherche porte sur les multiples façons dont ces mouvements féminins envisagent les droits des femmes du Nigéria et interviennent collectivement pour les revendiquer.

À la croisée entre histoire africaine, études de genre et sociologie des mouvements sociaux, cette thèse plaide pour la révision d’une approche centrée sur les grands événements et acteurs historiques, souvent privilégiés dans l’étude des mobilisations féminines en Afrique, tels que les mouvements nationalistes pour l’indépendance ou les moments de démocratisation. Ainsi, l’étude de ces mouvements dans leur continuité, en échappant à un regard téléologique qui se concentre sur les changements socio-politiques majeurs, révèle des actrices, des mobilisations, et des modes d’action occultés par l’historiographie. Cette histoire s’achève en 1994, quand cette forme organisationnelle s’essouffle, non sans avoir entre temps fait bouger les lignes de l’histoire socio-politique du pays.

Qualifications aux fonctions de maîtresse de conférences en histoire (CNU Section 22) et en sociologie (CNU Section 19)

Enseignements

  • 2021 : Chargée d’enseignement vacataire, Institut d’Études Politiques, Paris (collège Europe-Afrique, Reims)  
  • 2019-2020 : Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche (ATER), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UFR d’histoire
  • 2018-2019 : Chargée d’enseignement vacataire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UFR d’histoire
  • 2017-2018 : Mission d’enseignement, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, UFR d’histoire
  • 2016-2017 : Mission d’enseignement, Université d’Ibadan (Nigéria), Département d’études de genre  

Publications

Articles scientifiques dans des revues à comité de lecture
Chapitres d’ouvrages

« À l’écoute des voix des marchandes nigérianes : les chants militants yoruba comme source historique », in Nathalie Kouamé, Eric Meyer et Anne Viguier (dir.) Encyclopédie des historiographies. Afriques, Amériques, Asies. Volume 1. Sources et genres historiographiques, Presses de l’Inalco, Paris, 2020, 9 p. 

Comptes-rendus d’ouvrages

« When Sex Threatened the State: Illicit Sexuality, Nationalism, and Politics in Colonial Nigeria, 1900-1958, by ADERINTO Saheed », Le Mouvement Social, n°255, 2016/2.

Valorisation de la recherche

« Fabrique et circulation des savoirs sur le genre dans les pays du Sud », avec Emmanuelle Bouilly, Virginie Dutoya et Maire Saiget, LibérationAfrica4, mis en ligne le 27 février 2019.

« Les Nigérianes en marche pour le droit de vote », LibérationAfrica4, mis en ligne le 18 janvier 2018.

« Chère Ijeawele : le féminisme de Chimamanda Ngozi Adichie », Terrain, « BlogTerrrain », mis en ligne le 19 janvier 2018.

« Chère Ijeawele : pourquoi faut-il (re)lire le manifeste féministe de Chimamanda Ngozi Adichie en 2018 »,The Conversation, mis en ligne le 18 janvier 2018.

Notices biographiques de militantes nigérianes pour l’exposition photographique « Femmes sur tous les terrains », Maison de l’International, Grenoble. Exposition organisée à l’occasion de la coupe féminine de football, 2019.

Co-organisation de l’exposition photographique et historique du National Councilof Women’s Societiesavec la Professeure Felicia Ogunsheye, Samonda, Ibadan.Titre : « NCWS. Les mères fondatrices, leur vision et leurs réalisations 1957- 1966 ».

Résumé de mémoire « Des mobilisations féminines à la construction de l’“être-femme” à Ibadan entre 1947 et 1960 », Genre & histoire, n° 17,2016.

Notices biographiques de militantes nigérianes : « Alaga Humuani », « Adekogbe Elizabeth », « Tanimowo Ogunlesi », « Felicia Ogunsheye »,Maitron Afrique, Dictionnaire biographique des mobilisations africaines.

Communications scientifiques

Congrès nationaux et internationaux 
  • « Repenser les assignations de genre au Nigéria : l’action militante de la WIN dans les années 1980 », 5ème Rencontres des études africaines en France(REAF 2018), Marseille.Panel « Féminités et masculinités en recomposition », juillet 2018.
  • « Archives et mémoires du mouvement féministe nigérian, un dialogue compliqué (1982-1992) », colloque international «Les féministes et leurs archives (1968-2018), militantisme, mémoire et recherche », Angers. Panel : « La place des archives dans les recherches sur la mémoire », mars 2018.
  • « Nigerian Women Tackle the State : Women Paths to Constitutional Rights (1947-1960) », colloque international 60th Annual Meeting, African Studies Association, Chicago. Panel : « (Dis)engaging the state: the enterprise of petitioning in colonial West Africa », novembre 2017.
  • « Le congrès “La femme africaine trace son avenir” de 1960 : un pas ouest-africain vers un “panafricanisme au féminin” », 4ème Rencontres des études africaines en France (REAF 2016), Paris. Panel : « Définir le panafricanisme. Acteurs, événements et pratiques sociales (XIXe – XXIe siècles) », juillet 2016.
  • « Les femmes yoruba se mettent en scène : la représentation de soi au travers de la photographie dans le sud-ouest du Nigéria », intervention au colloque international 3èmerencontre des Jeunes Chercheur.e.s en Études africaines (JCEA 2016), Paris, janvier 2016. 
  • « A women’s movement through a collective autobiography: from life history to political struggle. The Women Movement of Nigeria », 6th European Conference of African Studies, Paris.Panel : « Autobiographies of women activists or the writing of the self as a political expression », juillet 2015.
Colloques et journées d’étude 
  • « Des marchés en marche : quand la violence des market womennigérianes fait trembler l’ordre genré (1963-1966) », intervention à la journée d’étude internationale « Penser le genre des expériences de la violence politique en Afrique », Sciences Po Bordeaux, octobre 2019.
  • « Mobilizing different sororities: Nigerian women international mobilizations during the Cold War period (1947/1963) », intervention à la journée d’étude internationale « International mobilizations on women’s rights issues during the Cold War », EHESS, Paris, juin 2019.
  • « “Nigerians do gender” : discussing gender in Nigeria 1980 - 1990 », intervention à la journée d’étude internationale « Production & circulation des savoirs sur le genre au Sud », CEIAS (CNRS/EHESS), Paris, juillet 2019.
  • « Routes et déroutes des militantes nigérianes à l’international : les relations internationales complexes des mouvements féminins nigérians (1947/1966) », intervention à la journée d’études « Interconnexions [post]coloniales XXe-XXIsiècle »,Université Panthéon-Sorbonne, Paris, mai 2017.
Séminaires, conférences, évènements grands publics 
  • « L’association Women in Nigeria (WIN), une approche intersectionnelle avant l’heure ? », intervention au séminaire « Genre, féminisme et mobilisations collectives », EHESS, décembre 2020.
  • « Perspectives historiques sur les organisations féminines au Nigéria » intervention au séminaire mensuel de la Mission d’intervention et de sensibilisation contre la traite des êtres humains(MIST), Paris, décembre 2020.
  • « Sortir des archives ? Les sources des mouvements féminins et féministes au Nigéria 1940 – 1990 », intervention au séminaire « Genre et histoire »,Université Paris 1, décembre 2019.
  • « Les mouvements féministes nigérians de 1940 à aujourd’hui et les clubs des femmes impliqués dans la traite des êtres humains », intervention au séminaire des partenaires du Dispositif National Ac.Sé(dispositif national d’accueil et de protection des victimes de la traite), Paris, décembre 2019.
  • « Urban space and women’s mobilisation in Ibadan (1945/1960) », intervention au séminaire Urban History,Université de Cambridge, février 2016
  • « Collective Women Mobilisations in South-Western Nigeria from the 1940s till Date: An Overview », communication à la conference « Women on the move: in Nigeria and Beyond. Mobilisations of Women, Mobilisations of Ideas », University of Ibadan, octobre 2016.
  • « Gender and colonialism in Nigeria », conférence grand public avec Jules Falquet et Ifeoma Fafunwa, Institut Français d’Abuja, octobre 2016.
  • « Clichés coloniaux : corps, postures et vêtements des femmes yoruba (1920-1960) », intervention au séminaire, Dynamiques de genre : corps, corporéités incorporationInstitut des Mondes Africains, Paris, novembre 2015
  • « Women’s Mobilisations in Ibadan Between 1945 and 1960 », communication au séminaire mensuel de l’IFRA Nigéria, University of Ibadan, Nigéria, septembre 2014.

Participation à des projets de recherche collective

  • 2021 -> Naija Archives, IFRA Nigéria Co-ordination du projet avec Vincent Hiribarren et Cyrielle Maingraud-Martinaud. 
  • 2017-2019. Projet Packing, European Commission (EIDHR). Chargée de recherche Projet européen sur la traite d’êtres humains (Projet pour la prévention et l’éradication de la violation des Droits de l’Homme contre les enfants et les femmes nigérianes victimes du trafic en Europe), coordonné par ECPAT France. Recherche « nethnographique » sur les clubs de femmes edo en France et à Benin City (Nigéria).
  • 2013-> Maitron Afrique, Centre d’Histoire Sociale. Membre du projet. Dictionnaire biographique sur les personnalités et organisations militantes africaines ainsi que sur des événements protestataires en Afrique, accessible en ligne.