Soutenance de thèse

Soutenance de la thèse de Mathieu  Houle-Courcelles, le 2 avril 2020, à 15h.

« Ni Rome, ni Moscou » : l’itinéraire des militants communistes libertaires de langue française à Montréal pendant l’entre-deux-guerres

Thèse en cotutelle Sciences historiques sous la direction de : Martin Pâquet, directeur de recherche, et Michel Pigenet, directeur de cotutelle

Jury :

  • Martin Pâquet, (codirecteur), professeur d’histoire à l’Université Laval, Québec
  • Michel Pigenet (codirecteur), professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université Paris 1
  • Diane Lamoureux, professeur de science politique à l’Université Laval, Québec
  • Peter Bischoff, (rapporteur), professeur d’histoire à l’Université d’Ottawa (Ontario)
  • Talbot Imlay, professeur d’histoire à l’université Laval, Québec

Résumé

Cette thèse retrace l’itinéraire collectif d’un groupe de militants communistes libertaires de langue française pendant l’entre-deux-guerres à Montréal rassemblés autour d’Albert Saint-Martin (1865-1947). Figure importante du mouvement ouvrier au Québec, l’itinéraire politique de Saint-Martin est multiforme : on le retrouve associé au Parti socialiste du Canada, à la One Big Union, au Parti socialiste (communiste), à l’Université ouvrière, à l’Association humanitaire, à la Ligue du Réveil féminin et à de nombreuses coopératives de consommation et de production.

Saint-Martin est entouré de camarades provenant de divers horizons politiques. Notre thèse nous a permis d’identifier plus de 300 individus ayant pris part à des activités militantes à ses côtés. À travers l’analyse croisée de leurs parcours individuels, nous cherchons à mieux comprendre les modalités de leur engagement collectif avant, pendant et après la Première Guerre mondiale, leur représentation de la société idéale et les moyens d’y parvenir, la nature et la diversité de leurs liens de sociabilité, les territoires où se déploient leurs réseaux, la fréquence et les thèmes de leurs réunions de même que les symboles et les rituels qui y sont rattachés.

Nous faisons l’hypothèse que celles et ceux qui participent aux activités de ce milieu partagent une même culture révolutionnaire articulée autour des notions de communisme, d’anticapitalisme, d’anticléricalisme et d’internationalisme, débouchant sur une critique des institutions autoritaires : l’État, l’Église catholique, la propriété privée, l’armée, le mariage, etc. Les stratégies d’émancipation individuelle et collective mises de l’avant par ces militants reposent sur l’éducation et l’action directe. C’est cet ensemble de principes théoriques, stratégiques et tactiques que nous regroupons sous le terme de communisme libertaire.