Marius Loris Rodionoff

Chercheur associé à titre principal au CHS

  • Ancien élève de l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, agrégé (2011) et docteur de l’Université de Paris (2018).
  • Actuellement professeur d’histoire et géographie à temps plein au lycée Paul Éluard de Saint-Denis (93) depuis la rentrée 2020.
  • Ancien membre postdoctorant à l’EHEHI de la Casa de Velázquez (2019-2020).
  • Chercheur associé au groupe : « Espacio, sociedad y cultura en la Edad contemporanea » de l’Université de la Complutense de Madrid.

Contact : marius.loris@gmail.com

Axes de recherche

  • Histoire sociale de la justice militaire
  • Histoire des mobilisations
  • Histoire des conflits
  • Histoire sociale
  • Histoire des sociétés coloniales (Maghreb, Congo belge)

Ma thèse menée au CHS sous la direction de Raphaëlle Branche avait pour objet « Les crises et les reconfigurations de la relation d’autorité dans l’armée française au défi de la guerre d’Algérie, 1954-1966 ». Ce travail visait à comprendre la fabrique de l’autorité chez les chefs, mais aussi les formes de négociations et de contestations de la relation d’autorité dans l’armée. Elle a fait la part belle à l’histoire des désobéissances et des révoltes à l’ordre militaire, mais aussi aux tactiques infrapolitiques de résistance. J’ai enfin travaillé dans une perspective microhistorique sur la justice militaire de Constantine, maniant ainsi méthodes quantitatives et analyse fine des pratiques et des trajectoires des prévenus.

Mes travaux de recherche actuels portentsur l’histoire sociale comparée des justices militaires en situation coloniale (1920-années 1960) au Congo belge, en Algérie française et au Maroc espagnol, me semblent s’inscrire dans l’axe « Pouvoirs, contre-pouvoirs, engagements et conflits » et en particulier dans deux sous-axes « Une histoire sociale des guerres » et « Une histoire sociale des engagements » . Par rapport à la période de la conquête marquée par une violence extrême, se pose en effet la question de l’étude des justices militaires, à partir des années 1920, sous l’angle de la civilisation des pratiques et du droit colonial, des techniques et des modes d’administration des peines. Les tactiques pénales de la justice militaire disent beaucoup des  mobilisations et des pratiques de résistances des colonisés et interrogent aussi le rapport au droit et à la justice des prévenus et leur capacité à se défendre face à une institution réputée traversée par l’arbitraire.

Plus généralement, notre objectif est d’interroger ce que l’histoire de la justice militaire dévoile de la domination coloniale et comment les justices militaires participent de la racialisation des rapports sociaux. Cette recherche vise aussi à éclairer le rapport au droit et à la justice des prévenus et leur capacité à se défendre face à une institution réputée arbitraire. Mes travaux actuels s’articulent ainsi autour de deux directions : l’analyse des tactiques pénales de la justice militaire dans les trois espaces considérés, puis l’une étude quantitative et qualitative des prévenus et des déviances dans une perspective microhistorique. Mes travaux s’intéressent finalement moins à l’État ou à l’administration, qu’au vécu des colonisés et à la répression comme fait social. 

Publications principales

Ouvrages

Marius Loris, Désobéir en guerre d’Algérie. Une histoire des réfractaires et des déviants, 1954-1964, Paris, Seuil, à paraître fin 2022.

Marius Loris, Procès-verbaux, Éditions des presses du réel, Dijon, 2021.

Articles dans des revues à comité de lecture

« Les grèves de réfectoire de l’été 1963. Des protestations contre le service militaire en Algérie. », 20 & 21. Revue d’Histoire, 151, juillet-septembre 2021, p. 113-124.

Contribution à des ouvrages collectifs

« Histoire de l’AK-47 », in Une histoire de la guerre XIXe-XXIe siècles, sous la direction de Bruno Cabanes, Paris, Seuil, 2018, p. 242-245. 

« Insoumission et guerre d’Algérie » in Arnaud Houte et Eric Fournier (dir), Histoire de l’antimilitarisme du XIXe siècle à nos jours, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2022.

Projet de recherches

Participation  à un groupe de recherche sur l’histoire comparée des justices militaires, en collaboration avec l’Istituto piemontese per la storia della Resistenza e della società contemporanea  de Turin (ISTORETO) et le SIRICE (Fabrice Virgili).

Participant au projet Empires : la fabrique de la « question métisse » et ses avatars contemporains (CHS, Françoise Blum).