Les meuniers du social

Michel Dreyfus et Michel Pigenet (dir.), Les meuniers du social. Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme, Publications de la Sorbonne, 2011  coll. «Histoire contemporaine, n°4», 272 p.

Aux grandes heures de la croissance, Force ouvrière se voulait le syndicat du « grain à moudre ». La pratique contractuelle et le paritarisme furent les voies privilégiées d’un réformisme revendiqué au même titre que l’anticommunisme. Ce livre veut contribuer à écrire l’histoire de la plus mal connue des grandes confédérations françaises.
Centré sur deux décennies, l’ouvrage cerne une période décisive qui voit les relations contractuelles et le paritarisme passer du stade de l’expérimentation de la fin des années 1950 à celui de la banalisation, avant que leur rendement social ne s’épuise au tournant critique des années 1980. Au cours de ce cycle, Force ouvrière a concouru pour le titre de partenaire privilégié du patronat et des pouvoirs publics, soucieux d’acter chaque progrès et de prendre ses responsabilités dans l’administration des multiples caisses et conseils issus des compromis signés. Pourtant, ce cheminement n’allait pas de soi, notamment en matière de paritarisme.
Confiée aux meilleurs spécialistes – historiens, sociologues, politologues, économistes –, la démarche adoptée, aux antipodes d’une analyse repliée sur le syndicat, considère ses rapports avec ses interlocuteurs, parfois « partenaires », patronaux ou gouvernementaux sur fond de concurrences intersyndicales. Par-là, elle donne à comprendre les singularités de Force ouvrière et celles du système français de relations sociales.

Ont contribué à cet ouvrage : Dominique Andolfatto, Valérie Avérous-Verclytte, Guy Brucy, Michel Dreyfus, Danièle Fraboulet, Laurent Frajerman, Jacques Freyssinet, Frank Georgi, Nicolas Hatzfeld, Dominique Labbé, Bruno Mahouche, Jean-Claude Mailly, Gilles Morin, René Mouriaux, Jean-Marie Pernot, Michel Pigenet, Jeanne Siwek-Pouydesseau, Lucie Tanguy, Georges Ubbiali et Karel Yon