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Le parcours des images D’au cœur de l’orage : une histoire d’archives

MAZUET Franck, Le parcours des images D’au cœur de l’orage : une histoire d’archives, Maîtrise [Pascale Goetschel], Univ. Paris 1 CHS, 2016

Film sur la Résistance initié sous l’Occupation et achevé en 1948, Au cœur de l’orage est aujourd’hui un véritable réservoir d’images d’archives qui alimentent de nombreux documentaires consacrés à la Seconde Guerre mondiale. L’œuvre de Jean-Paul Le Chanois est pourtant un film hybride où la prise de vues « sur le vif », les reconstitutions et les extraits d’actualités sont assemblés dans une fiction documentaire attachée au réel sans en être l’expression directe. Opportunité exceptionnelle d’entrer dans la construction de l’un des tout premiers projets cinématographiques de la France libérée, la découverte des rushes d’Au cœur de l’orage nous permet aujourd’hui de préciser les enjeux de la production du film et de retracer le parcours de ses extraits devenus archives. Derrière le bilan de ce cheminement orienté par les grands courants historiographiques du récit de la Résistance, c’est avant tout la gestion et l’exploitation des images d’archives qui est ici questionnée.

Une Parousie Européenne : La Gerbe (1940-1944)

LAPILLE Jean Félix, Une Parousie Européenne : La Gerbe (1940-1944), Maîtrise [Pascal Ory, Denis Peschanski], Univ. Paris 1 CHS, 2016, 234 p.

Ce mémoire analyse la représentation de l’idée européenne dans l’hebdomadaire collaborationniste La Gerbe (1940-1944), premier hebdomadaire politico-littéraire de l’occupation, dirigé par Alphonse de Châteaubriant. La Gerbe n’est pas l’objet d’une historiographie très dense. Dépouillée de manière ponctuelle par les grandes synthèses sur l’histoire de la presse et l’histoire de la collaboration, elle n’a fait l’objet que d’une thèse de littérature. L’hebdomadaire est donc vierge d’un questionnement historien ainsi que de l’étude des représentations qu’il diffuse. Pourtant, cet hebdomadaire est original à plusieurs titres et tout d’abord, par la personnalité de son directeur Alphonse de Châteaubriant, homme de premier plan dans la collaboration parisienne et qui ne fait pourtant pas l’objet de recherches approfondies. L’originalité de La Gerbe> provient aussi de la diversité des points de vue qui s’expriment en son sein, et notamment autour de l’idée européenne. Tous ses rédacteurs s’accordent pour une intégration de la France au sein d’une Europe fasciste, mais chacun selon sa sensibilité particulière, nationale-socialiste, catholique, etc., ce qui rend l’hebdomadaire assez représentatif des différentes sensibilités de la collaboration française et permet d’en dresser un panorama intellectuel.

Nuits magnétiques – La radio libre du service public ? – 1978-1999

LACOMBE Clara, Nuits magnétiques – La radio libre du service public ? – 1978-1999, Maîtrise [Pascal Ory], Univ. Paris 1 CHS, 2016, 263 p.

Nuits magnétiques est une émission de radio diffusée quotidiennement sur France Culture, après 22h30, de 1978 à 1999. Créée par Alain Veinstein, elle propose une émission d’une heure trente portant sur un sujet précis et construite à partir de trois éléments : la parole d’un narrateur, une ambiance sonore, des interviews d’experts ou d’anonymes. Son ton, son langage, son organisation sont autant d’éléments qui vont contribuer à construire une mythologie de la création radiophonique au sein de France Culture. En effet, cette émission adopte déjà un ton qui sera quelques années plus tard celui des radios libres. Pourtant, elle n’aurait pas pu exister sans le savoir faire du service public. En cela, elle est la radio libre du service public. A partir d’un corpus restreint, extrait des 5000 émissions, ce travail se propose d’analyser le fonctionnement, la production, la diffusion et la réception de Nuits magnétiques afin de comprendre quels ont été les éléments qui en ont fait une émission culte de France Culture pendant vingt-et-un ans. Cette étude monographique est une contribution à l’histoire de la radio et s’inscrit dans l’histoire sociale des représentations de la société française dans les année 80 et 90.

Les expositions temporaires au musée Prado (1960-1970)

FOULON Adeline, Les expositions temporaires au musée Prado (1960-1970), Maîtrise [Charlotte Vorms], Univ. Paris 1 CHS, 2016, 168 p.

Ce travail aborde la question de l’autonomie des sphères intellectuelles et artistiques sous le régime franquiste à travers le cas des expositions temporaires du musée du Prado, pendant les années 1960. Depuis sa prise de pouvoir en 1939, le régime franquiste use de la propagande pour faire revivre mythes et périodes fastes de l’histoire espagnole dans le cadre de sa politique de renationalisation de l’Espagne. Les années 1960, sont synonymes de retour de la croissance, une nouvelle politique économique, basée particulièrement sur le tourisme et la culture de masse est mise en place. Dans ce contexte, l’état franquiste met tout en œuvre pour garder le contrôle du Prado, symbole de culture et de prestige. Dans quelle mesure le premier musée espagnol participe activement et volontairement à la propagande franquiste? Quel a été son degré d’autonomie dans la diffusion du savoir ? Ce sont les questions auxquelles ce mémoire tente de répondre.