Expositions virtuelles

Génocides et politiques mémorielles : mémoriaux du Rwanda

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Les auteurs de cette publication électronique sont : Paola Bertilotti (Sciences-Po), Laure Billon (CHS), Françoise Blum (Ed.)(CHS), Jean-Pierre Chrétien (Cemaf), Catherine Coquio (Univ. Paris 8), Boris Boubacar Diop (Ecrivain), Claire Mouradian (CERCEC), Nathan Réra (Univ. de Provence/Aix-Marseille 1), Jean-Charles Szurek (Institut des sciences sociales du politique).
Le graphisme est l’oeuvre de François-Jean Dazin.

Marty et les brigades internationales

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Le Centre d’histoire sociale des mondes contemporains (CHS) a préparé et monté une exposition numérique dans le cadre du Consortium Archives des Mondes Contemporains, sur les Brigades internationales, qui rassemblaient la majeure partie des combattants étrangers venus prêter main-forte à la République espagnole durant la guerre civile, vues au travers des archives de l’homme placé à leur tête : le député communiste français André Marty.
Personnage singulier à l’itinéraire saisissant, André Marty demeure matière à controverses quoiqu’il demeure encore largement méconnu du grand public tandis que les Brigades internationales, projet solidaire politico-militaire transnational exceptionnel, constituent au contraire aujourd’hui encore un objet chargé d’une incontestable force de suggestion.
Le CHS conserve ainsi une collection importante de documents originaux consacrés aux Brigades internationales issus des archives personnelles d’André Marty et pour la plupart inédits ou largement méconnus qu’il faut réinscrire plus sereinement dans une historiographie désormais renouvelée et enrichie. Sans chercher à réhabiliter ou instruire un énième procès contre André Marty, ses archives doivent permettre de réinterroger les entrelacs complexes faisant des Brigades internationales un objet symbolique à la fois évocateur du front populaire, de l’antifascisme et des traditions libérales tout autant que du stalinisme.
L’occasion idoine s’offrait d’elle-même, puisque 2016 constituait un triple anniversaire : le 80ème anniversaire du déclenchement de la guerre d’Espagne et de la création des Brigades internationales, celui de la naissance d’André Marty (1886) et de son décès (1956).
Les expôts choisis ont été assortis d’un appareillage critique réparti en grands thèmes permettant de les replacer dans leur contexte documentaire et historique. Ces cimaises numériques doivent ainsi faciliter l’exploitation des documents exposés dans un cadre pédagogique ou scientifique et permettre au lecteur curieux des Brigades internationales de découvrir un certain nombre de sujets inédits ou jusqu’alors peu fréquentés.
Cette exposition numérique veut participer à la « redécouverte » du volontariat transnational combattant dans sa dimension antifasciste au XXème siècle, durant la guerre d’Espagne et au travers de ses sources premières. Au travers de ces documents pour la plupart inédits, le CHS participe à la réinscription de ce phénomène dans la longue durée pour permettre de mieux suivre ses différentes manifestations qui, au XXIème siècle encore, demeurent un sujet brûlant et complexe.
Au sein de cette riche collection, trois ensembles sont à signaler particulièrement, par leur caractère inédit, la qualité du support et leur intérêt pour la recherche historique. Il s’agit notamment de la documentation concernant l’éducation politique et l’endoctrinement communiste au sein des Brigades internationales. Les numérisations proposées dans l’exposition proposent ainsi au lecteur de découvrir différents supports employés et des activités organisées en soutien au discours déployé. Ces différents corpus soulignent le caractère transnational et l’originalité du contenu pédagogique politique distillé à ces volontaires rassemblant pas moins de 77 nationalités.
La période de l’internement en France, destin partagé par près de 6000 vétérans devenus apatrides, est largement présente. Les documents présentés rendent comptent tant de l’activité immense d’André Marty pour faire libérer les vétérans que de la formidable vitalité et créativité culturelle des internés. Il s’agit ici encore de pièces uniques, dont certaines ont été traduites.
L’exposition apporte un éclairage nouveau sur la mémoire immédiate des Brigades internationales entre 1939 et 1949, dimension où le moyen métrage Levés avant le Jour (1948) tient une place majeure. Les archives Marty ont conservé différentes étapes de l’élaboration de ce film militant et mémoriel. Les modifications successives sur le script ainsi que le vade-mecum précisant le protocole à respecter lors des diffusions nous renseignent avec bonheur sur la construction mémorielle communiste autour des vétérans d’Espagne.
Les commissaires de ce projet sont Françoise Blum (CHS) et Édouard Sill (doctorant à EPHE) (Eds), avec les participations de Paul Boulland, (CHS), Robert Coale (Université de Rouen), Geneviève Dreyfus-Armand, (Conservateure générale des bibliothèques), Lucie Guesnier (CHS), Claude Pennetier (CHS), Élodie Richard (EHESS-CHS), Pierre Salmon, (Université de Caen), Rémi Skoutelsky (auteur de L’Espoir guidait leurs pas (Grasset, 1999), Rossana Vaccaro (CHS) et Charlotte Vorms, (CHS). Le graphisme est l’œuvre de Jean-Baptiste Bouchet, Marion Buchheit s’est assurée de la relecture.

Étudiants étrangers en France en mai-juin 1968

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Cette exposition , actuellement en construction, a pour objet le rôle et la place occupée par les étudiants étrangers au sein du mouvement de Mai-Juin 1968. Ils sont alors nombreux à étudier dans la capitale française, ou dans d’autres villes universitaires du territoire, qu’ils soient africains (Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne), européens (Allemands, Portugais, Italiens, Espagnols, Grecs, britanniques), sud-américains, israéliens, américains du Nord (Etats-Unis ou Québec), palestiniens. Ils adhèrent généralement au Mai français tout en mettant en oeuvre des logiques spécifiques liées aux conditions politiques et sociales de leur pays d’origine. Qu’il s’agisse de contester des dictatures pour les Grecs, Portugais, Espagnols, Argentins ou Brésiliens, de contester la guerre du Vietnam ou le racisme (Américains), de lutter pour la paix en Palestine, ils insèrent au sein du Mai français leurs revendications et profitent de ce moment de libération exceptionnelle de la parole pour élever eux-aussi la voix. Et toutes ces voix parlent néanmoins une même langue, internationaliste et faisant fi des frontières, ou appelant à leur suppression.
Il s’agit donc ici de rendre compte de leurs paroles et actes en France mais aussi de la situation en 1968 de leurs pays respectifs. On souhaite ainsi, comme en Mai, faire fi des frontières et penser, très modestement, il est vrai, le monde de l’année 68, en une démarche d’histoire globale. Une équipe de chercheur.e.s spécialistes des pays concernés a ainsi été réunie et a travaillé pour l’exposition que vous allez maintenant consulter.
Nous ouvrons l’exposition avec le portrait d’un jeune africain, Omar Blondin Diop, qui participa à Mai 68 en France (il fut du mouvement du 22 mars) avant de se lancer dans une véritable aventure révolutionnaire qui finira très mal puisqu’il sera assassiné dans la prison de Gorée.
Nous avons traité les DOM comme des pays étrangers, dans la mesure où les revendications sont ici autonomie et/ou indépendance. Nous avons également consacré un chapitre à la Cité internationale, où logent nombre de ces étudiants, et entrée comme le reste du pays en ébullition.
Nous avons également consacré un chapitre à la lutte contre la guerre du Vietnam car, s’il est une cause internationale, c’est bien celle-là.
Ont collaboré à cette publication : Barbara Bonazzi (CHS), Marco Grispigni (Commission européenne), Burleigh Hendricksson (Dickinson College), Ingrid Holtey (Université de Bielefeld), Jean Lamarre (Collège militaire royal du Canada), Pierre-Jean Le Foll-Luciani, Nino Lima (ENS Cachan), Edenz Maurice (CERMA/CHSP), Martin Mourre (IHA-Crepos), Angelica Muller (Université fédérale « Fluminense »), Eugenia Palieraki (Université Cergy Pontoise/Agora), Marc Pujals i Lladó (Université Paris1), Arthur Roth (Université Toulouse Jean Jaurès), Sabine Rousseau (Larha), Eric Skalecki (CHS), Guillaume Tronchet (ENS/IHMC), Rossana Vaccaro (CHS), …….
Ed. : Françoise Blum (CHS)
Pour finir, nous avons voulu nous faire et vous faire plaisir en publiant quelques poèmes issus du travail du CRAC. La poésie a été, aussi, une des langues de mai.
La plupart des documents ici présentés sont issus du fonds Mai-Juin 68 du Centre d’histoire sociale du XXe siècle : voir la présentation du fonds.